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Le terrorisme expliqué à nos enfants !

     Des images traumatisantes, des actes qui échappent à la raison, la mort répandue aveuglément par des « barbares », la « guerre » que des dirigeants nationaux déclarent aux terroristes, l’anxiété qui s’empare de sociétés entières et la haine qui en menace les fondements… Il est déjà peu aisé pour des adultes instruits d’appréhender avec sang-froid la campagne de terreur qu’imposent, aux pays d’Occident comme d’Orient, les jihadistes de l’État islamique depuis sa proclamation en juin 2014.

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        Comment, alors, expliquer les réalités de ce cauchemar à ces « éponges émotionnelles » que sont les enfants ? « Plus que les adultes sans doute, [ils ont besoin] pour comprendre, de mots mieux choisis, plus justes », remarque l’écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun, en introduction à son court essai, Le Terrorisme expliqué à nos enfants, à paraître le 25 août.

  Composé sous la forme d’un dialogue avec sa fille, il est le troisième volet d’une œuvre pédagogique commencée en 1998 avec Le Racisme expliqué à ma fille et poursuivie en 2002 avec L’Islam expliqué aux enfants. Une lecture qui, sans gommer la complexité du phénomène, l’explique en profondeur avec des mots simples qui rappellent que Ben Jelloun, avant d’entrer en littérature, avait suivi des études de philosophie et obtenu un doctorat en psychiatrie sociale. En voici quelques extraits.

– Alors, donne-moi une définition du terrorisme.

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Robert Solé: Le doute est une richesse.

Cette phrase simple mais profonde résume à merveille la pensée de l’écrivain franco-égyptien Robert SOLE lors du Café littéraire organisé par l’Institut Français d’Alexandrie.

        Ce romancier profita de son passage dans son pays d’origine pour entretenir les francophiles parmi lesquels le Consul de France à Alexandrie, sur sa carrière d’écrivain, de journaliste et d’historien. Il souligna d’emblée que ces trois casquettes ne se superposaient point mais s’imbriquaient à merveille. D’une part le journalisme lui a permis de faire de nombreuses rencontres à travers des voyages et des enquêtes. Elle lui permet de questionner et de commenter l’actualité, le réel.  D’autre part, l’écriture romanesque lui permet de transcender le réel, de se transplanter dans l’imaginaire et de revisiter la mémoire ou le passé. En effet, « le passé le passionne mais ne l’y enferme pas ». S’inspirer du passé est certes bien mais l’écrivain se doit de le transgresser et de le transpercer à travers une écriture critique sur les problèmes de la société. Pour ce qui est de la société égyptienne, il souleva que ces problèmes étaient davantage d’ordre économique (fracture sociale), sécuritaire (incident du Sinaï) et humanitaire (droits de l’homme). Enfin, sa carrière d’historien enrichit sa création de faits, de détails qui se reflètent par la beauté de ses descriptions et la richesse de ses récits. Histoire, mémoire et devoir d’écriture sont donc intimement liés.

           En outre, l’ancien rédacteur de la rubrique religieuse du Quotidien français Le Monde, déclarera que la religion et la question identitaire sont au cœur des plus grands enjeux contemporains. S’agissant de la religion, elle a pendant longtemps été banalisée par les dirigeants qui évitaient maladroitement (consciemment ?) de poser les questions essentielles. Le terrorisme a-t-il toujours  OU forcément des soubassements religieux ? A la suite des récentes attaques terroristes, celles de Grand-Bassam ou de Belgique, les médias occidentaux ont tiré des conclusions hâtives assez faciles, et semble-t-il, logiques. Essayer d’éradiquer le terrorisme revient à découvrir les motivations des terroristes. Les attaques de Londres, Radison Hotel, les kamikazes de Boko Haram au Nord du Cameroun ou enfin ceux de Paris ont tous essayer d’être justifiés par des motifs religieux. A ce propos, l’auteur de Les Nouveaux Chrétiens(1975) estime que :

« la religion, au-delà du fanatisme, a pris une place excessive mais négative dans la société contemporaine car elle va à l’encontre de l’esprit critique, du doute ».

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