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Clin d’oeil sur la littérature camerounaise !

            Comme le suggère David Ndachi Tagne, la « légère polémique » qui entoure les origines de la littérature écrite au Cameroun résulte d’une histoire coloniale complexe où les Anglais, les Allemands et, après la première guerre mondiale, les Français, se sont succédés. Alors que le français domine la production littéraire du vingtième siècle, c’est aux missionnaires anglais, aux conquérants allemands et surtout aux érudits locaux que l’on doit l’introduction de l’écriture et la production de textes en douala, en anglais et plus tard en allemand. Le Sultan Ibrahim Njoya qui domina la vie intellectuelle de sa région à la fin du dix-neuvième siècle par exemple, inventa son propre alphabet et écrivit plusieurs volumes consacrés au droit, au savoir et aux coutumes bamoun. Ce n’est que dans les années 1920 que cette écriture fut abandonnée, lorsque les Français détruisirent ses presses, fermèrent toutes ses écoles et imposèrent leur propre langue et matériel pédagogique.

                Rudolph Douala Manga Bell fut un autre intellectuel appelé à devenir une figure de proue de son pays. Après des études de droit en Europe, il rentra au Cameroun où il devint le chef des Doualas mais, comme tant d’autres, il finit par être sommairement exécuté par une administration coloniale peu disposée à s’engager sur la voie de négociations juridiques avec un avocat africain. C’est à la même époque que Joseph Ekolo publia ses impressions de l’Europe sous le titre Wie ein Schwarzer das Land der Weiszen ansieht (Vision du monde blanc par un noir). En 1932, Jean-Louis Njemba Medou publia Nnanga Kon en langue boulou, un ouvrage qui est parfois considéré comme le premier roman écrit par un Camerounais. Parmi les premiers auteurs camerounais à s’exprimer en français, on peut mentionner Isaac Moumé Etia qui écrivit quelques contes dans les années 1920-1930 et Louis Pouka Mbague qui fut acclamé à Paris dans les années 1940-1950 et dont le vers: « Ô France, ô notre unique espoir (…) tu demeures pour nous la providence du Noir » résume toute l’œuvre.
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Les amazones de la littérature camerounaise

     Depuis quelques années, la proportion des femmes qui se lancent dans l’aventure littéraire ne cesse d’augmenter. En moins de temps qu’il n’en faut, elles semblent avoir pris le pouvoir dans cette citadelle jadis imprenable, où trônaient de leur majesté phallique leurs compatriotes. Elle semble désormais lointaine, l’époque où Ferdinand Léopold Oyono, Mongo Béti, Guillaume Oyono Mbia, Sevérin Cécile Abega ou Pabé Mongo,etc., constituaient le référent lorsqu’on parlait de littérature.

Leadership

Les femmes seraient-elles subitement plus inspirées que les hommes ? Est-ce un simple effet de mode qui va s’estomper avec le temps, ou alors une tendance désormais durablement inscrite dans l’univers de la création littéraire au Cameroun ? Les professionnels de l’édition ne réussissent pas à s’accorder sur la réponse définitive à apporter à ces questions. Pour le directeur des éditions Clé à Yaoundé, « à défaut de chiffres, en regardant les vitrines et en suivant l’actualité littéraire, on constate que l’on a un peu plus de femmes qui écrivent. Dire qu’elles écrivent plus que les hommes, je ne suis pas en mesure de le certifier », avoue Marcelin Vounda Etoa.

S’il y a un domaine que les Camerounaises vont contester à leurs compatriotes masculins, c’est bien celui de la littérature. Au point d’assumer aujourd’hui un leadership qui n’est pas usurpé. Par quelque bout que l’on traite de la littérature féminine camerounaise, on ne peut éluder trois facteurs incontournables, intimement liés au temps, à l’espace et à la thématique.          Lire la suite