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Transmettre le patrimoine au Cameroun : des actions phare | Takam Tikou

« Un peuple qui perd sa ou ses langues est un peuple qui perd ses mots, et quand un peuple perd ses mots, il perd son âme et sa vision du monde. » Ainsi, à l’heure de la mondialisation, du village planétaire, la préservation des identités culturelles nationales est une question cruciale voire vitale. Il s’agit pour les familles, les groupes ethniques, les peuples, les nations, non seulement de survivre, de continuer à exister, mais également d’être reconnus dans leur identité propre, mieux encore de pouvoir jouer leur partition dans la société universelle du donner et du recevoir. »

Bernadette Tchakoani, Conservateur des bibliothèques, Directrice National du Livre et de la Lecture.

Source : Transmettre le patrimoine au Cameroun : des actions phare | Takam Tikou

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Moderne africain. Pourquoi pas !

« Traditionnel africain et moderne européen », voici une phrase qui est devenue constante dans le discours, la pensée et la tête des Européens et même malheureusement des Africains au moment où il faut tenir un discours scientifique ou pas se référant à la culture et souvent à la civilisation africaines –peinture, architecture, danse, cinéma, musique…-qui pourtant sont contemporaines à l’européenne et à l’occidentale. Mais ce qui est frappant et déshonorant pour nous Africains est que l’on a l’impression que la fâcheuse  « bibliothèque coloniale » est encore visitée, consciemment ou inconsciemment, ceci montre le poids que représente le processus ardu de libération que les Africains ont à parcourir pour se défaire des artefacts réifiant de la colonisation sur les mentalités postcoloniales.

En effet, pour mieux étayer l’incongruité qu’est ce type de discours, l’analyse minutieuse permet de nous rendre à l’évidence que malgré leur commune contemporanéité, les particularités culturelles et partant, de toute la civilisation d’Afrique,  sont encore perçues comme manquant d’autoréflexivité donc de s’auto recréer au gré du temps et des changements contemporains pour être conçues comme modernes. Alors même que les Européens peuvent même retourner dans le passé puisé des éléments qu’ils brandiront comme moderne- le domaine de la mode par exemple- ce qui ressort du continent africain, quoique contemporain à l’européen et fabriqué par le génie d’un créateur africain, n’aura nullement l’appellation moderne. Moderne africain. Pourquoi pas !

Par Guetchuechi Gaétan, Université de Dschang/Cameroun