Appel à contribution> La Gastronomie cam

Appel à contribution> La Gastronomie camerounaise –

Le Cameroun est souvent présenté par une formule désormais consacrée : « Afrique en miniature ». Une image qui traduit bien sa diversité sur plusieurs plans, dont la gastronomie. Le pays compte, par ailleurs, au nombre des pays au monde qui ont la bonne fortune de jouir d’un art de la bonne chère, à la fois riche et diversifiée. Cette richesse est tributaire de sa diversité culturelle. Pour tout dire, les dix régions du Cameroun ont des plats spécifiques que reflètent les noms utilisés couramment par les locuteurs camerounais et étrangers puisque quelques mets ont désormais acquis une notoriété internationale. Il n’est pas rare, pour un Camerounais qui décline sa nationalité à l’étranger, de se faire rappeler un plat de chez lui. Il en est ainsi du ndolè, du poisson braisé, du bobolo (bâton de manioc), du poulet DG, du pèpè soupe, du koki ou du eru, entre autres. Les migrations des populations de plus en plus importantes ont joué un rôle majeur de ce point de vue. En effet, ces noms gastronomiques figurent dans les menus des restaurants africains, en général, et camerounais, en particulier. Les productions littéraires et audiovisuelles constituent également d’excellents mécènes des différents mets camerounais. Désormais, lesépiceries commercialisant les produits alimentaires africains en Europe proposent, à la vente, plusieurs produits importés sous leurs noms originels, en langues camerounaises précisément (Tabuna, 1999, 2000a, 2000b). On est en droit de se demander s’il n’y a pas une « migration de noms gastronomiques »… Des travaux ont déjà été menés, notamment sur le vocabulaire qui lui ressortit (Bitjaa Kody, 1998 ; Echu, 2003a, 2003b, 2004 ; Ndinda, 2011 ; Nzessé 2012, 2015). Pourtant, il faut admettre que ce vocabulaire gastronomique est loin d’avoir livré tous ses secrets. Pourquoi le faire parler, dans quel(s) domaine(s) et sous quelle(s) approche(s) ?
Les pratiques alimentaires sont plus ou moins liées à l’appartenance sociale, ce dont rendent compte, entre autres, l’anthropologie alimentaire et l’ethnographie. Les stéréotypes sociaux le rapportent largement: la consommation des plats comme le nkui (sauce gluante) est directement associée aux ethnies bamiléké, le kpem (feuilles de manioc pilées) aux ethnies fang-beti, le folléré (oseille de Guinée) aux Peuls, la boule de manioc aux Gbaya, le mbongo (sauce noire) aux Bassaa pour ne citer que ces exemples. De même, il peut exister des peuples à forte habitude ichtyophage, entomophage, anthophage, etc. ou ayant un penchant pour des
spécialités culinaires empreintes d’hédonisme (Otye Elom, 2015). Cependant, l’appartenance sociale ne saurait être réduite essentiellement à l’ethnie. Il peut s’agir d’un groupe dont les membres ont en partage une vision commune, y compris sur le plan des pratiques alimentaires ou culinaires – dans les évènements festifs, par exemple. Alors, quelles perceptions valorisantes peut-on avoir des pratiques alimentaires ou culinaires ?
À la faveur de la convention UNESCO de 2003, plusieurs pays ont vu leur gastronomie ou quelques-unes de leurs spécialités culinaires inscrites au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Ces pays sont, entre autres, la France (Csergo, 2011), le Mexique, la Croatie, la Corée du Sud (Pasquier, 2015) ou le Portugal. De ce fait, les concepts de patrimoine et de patrimonialisation amorcés au début des années 2000 (Suremain et Matta, 2013) ont connu, depuis 2010, un regain d’intérêt. Mais qu’est-ce réellement un patrimoine culturel immatériel ? Selon la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003 (p. 2), ce sont des « pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel ». Au regard de cette construction paradigmatique, la place de la gastronomie camerounaise semble être à déterminer dans cette perspective patrimoniale de l’UNESCO, tant il est vrai que la gastronomie, dans l’espace camerounais, paraît encore être davantage confinée à la simple satisfaction de besoins physiologiques qu’être également vouée à l’élaboration d’un véritable art de la bonne chère. Car, en dépit de la notoriété déjà engrangée par certains de leurs mets par-delà le monde, les Camerounais sont peu convaincus de la qualité artistique de leurs spécialités culinaires. Ce qui rend parfaitement compréhensible le fait que les food studies soient encore largement balbutiants, voire méconnus au Cameroun. La transmission des connaissances gastronomiques, à la jeune génération, est parsemée d’embûches pour au moins deux raisons. Premièrement, les langues camerounaises ne sont pas toujours efficacement transmises à cette jeunesse ; or les langues nationales sont les premiers vecteurs de transmission de telles connaissances, surtout lorsqu’il s’agit des plats complexes comme le nkui ou la sauce jaune, entre autres. Deuxièmement, les connaissances alimentaires et culinaires déjà répertoriées ne sont pas suffisamment diffusées, encore moins valorisées. Dans ces conditions, quels enjeux et quelles démarches pour la patrimonialisation de la gastronomie camerounaise ?
N. B. : Les questions posées ne suggèrent que des pistes de réflexion ; cela dit, elles ne constituent en aucun cas des orientations centrales ou figées.
Les axes suivants peuvent tout de même servir de fil conducteur à ce projet d’ouvrage : — Économie culinaire
— Tourisme gastronomique
— Gastronomie patrimoniale/patrimoine gastronomique
— Pratiques culinaires
— Pratiques alimentaires
— Pratiques d’enseignement/apprentissage de la gastronomie camerounaise
— Gastronomie et interculturalité/transculturalité — Gastronomie et relations sociales
— Gastronomie dans les littératures orale et écrite — Linguistique et gastronomie
— Histoire de la gastronomie
— Gastronomie dans l’audiovisuel Modalités de soumission
Les propositions d’articles comprendront un titre, un résumé de 300 mots, 4 à 6 mots-clés ainsi que le nom, le rattachement institutionnel et la fonction de l’auteur. Les résumés seront examinés par deux experts. Seuls les résumés sélectionnés connaîtront un développement complet. L’acceptation d’un résumé n’assurant pas la validation automatique du travail ultérieur, ce dernier fera également l’objet d’une évaluation par deux autres experts.
Les propositions d’articles sont attendues à l’adresse suivante : foodstudies.cne@gmail.com
Dates à retenir :
La date limite de soumission est fixée au 20 juin 2017.
Les réponses seront communiquées au plus tard le 20 juillet 2017.
La réception des articles définitifs le 20 octobre 2017.
La date probable de publication : deuxième trimestre 2018.

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