La mondialisation et la diversité lingui

La mondialisation et la diversité linguistique : le nécessaire dialogue

La mondialisation présente un double aspect : elle est porteuse «de potentialités d’expression et d’innovations inédites», mais aussi «de risques de marginalisation des cultures les plus vulnérables»4. Les accords commerciaux tendent en effet, de plus en plus, à remettre en question le soutien des États dans le domaine culturel en privilégiant la réduction des barrières au commerce et à l’investissement afin de stimuler les échanges et la croissance économique. Sont notamment considérées comme des barrières au commerce dans ce contexte par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) : les politiques culturelles et les diverses mesures de soutien à la culture telles que les quotas en radio-télévision, les aides aux industries culturelles, les limites à la propriété étrangère et la non-libéralisation des services audiovisuels.
C’est pourquoi, plusieurs États craignent que la seule application des règles du marché aux secteurs culturels mène à l’homogénéisation de la culture. Ces États considèrent que la production culturelle est indissociable de la cohésion sociale et de l’identité d’une société, tout comme c’est le cas d’ailleurs pour la langue. À leurs yeux, il est donc nécessaire de maintenir et de promouvoir la diversité culturelle afin que chaque culture continue de s’épanouir sur son propre territoire et que les États puissent exercer leur pleine autonomie en cette matière.
Face à ces enjeux, la Francophonie s’est fermement engagée, lors du Sommet de Beyrouth5, en 2002, en faveur du principe de la diversité culturelle et a donné son appui inconditionnel à l’élaboration d’un instrument international, juridiquement contraignant, pour préserver la pluralité des cultures. De même, en 2003, l’UNESCO, dans le prolongement des principes énoncés dans sa Déclaration universelle sur la diversité culturelle, adoptée en 2001, a décidé d’amorcer l’élaboration d’un projet de Convention sur la diversité des expressions culturelles en prévision de la Conférence générale de 2005.
C’est dans la perspective de l’adoption de cette convention, que les États et les gouvernements de la Francophonie, dont le Québec est un membre actif, se mobilisent, en partenariat étroit avec la société civile, pour que les diverses instances multilatérales et régionales reconnaissent l’importance de la diversité culturelle. On note d’ailleurs que cette mobilisation s’organise aussi dans d’autres aires linguistiques, notamment en Espagne, où le gouvernement entend jouer un rôle actif dans tous les forums traitant de la diversité culturelle et où vient d’être créée la Coalition espagnole pour la diversité culturelle.
Enfin, c’est dans cette mouvance qu’a aussi été adoptée la Déclaration sur la diversité culturelle6, à Mexico en 2003, par l’Organisation internationale de la Francophonie et ses partenaires des aires linguistiques lusophone et hispanophone, soit l’Organisation des États ibéro-américains pour l’éducation, la science et la culture (OEI)7 et l’Union Latine.

Par Guy Dumas

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